Légende des photos :
1. Firmin & moi dans la brousse.
2. Moi sur un énorme rocher de granit.
3. Firmin sur le même rocher.
4. Firmin touché par la grâce dans une grotte au mileu de la brousse.
• Ouagadougou ... deuxième semaine.
J'aurai fait 17 jours avant de tomber malade .. & oui, ce matin, je me suis réveillé tout mou, légèrement courbaturé & légèrement fiévreux ... mais cela ne m'a pas empêché d'aller faire un tour au marché & d'accompagner Magalie à son job. Par contre, je suis rentré KO. Du coup : REPOS ! Par contre, j'irai voir mon petit "protégé" jouer au foot ce soir. Pour lui, je suis comme Zizou, une star du foot ... il croit sûrement que je vais réussir à le faire gagner ... mais j'espère qu'il s'en sortira mieux que la semaine dernière ... sinon, lui comme moi, on risque d'être déçu. Vraiment, avec les enfants, le courant passe très bien ... J'aime leur naturel.
Par contre, fini les soirées aux maquis ... au moins pour 2 ou 3 jours .. D'ailleurs, dans ce genre de soirées, on en apprend pas mal sur les moeurs burkinabé ... mais je ne m'étendrais pas sur le sujet ... en tout cas ça laisse perplexe ...
Boire au Burkina, c'est essentiel, sinon, bonjour la déshydratation L'eau n'étant pas très digeste, il vaut mieux boire celle qu'on trouve en bouteille ou en sachet. Mais ce n'est pas la boisson la plus prisée ... à vrai dire, la France est réputée pour ses bars, mais ici, il y en a tout les 10 m, dans chaque rues .... ils appellent ça des "maquis". Musique locale bien forte, bières à volonté & vin rouge argentin ou espagnol en brique UHT tiède & pas extra. Mais la Brakina garde ma préférence ... Sinon, il reste le traditionnel coca ou fanta ... mais j'allais oublier ... la grand-messe, la boisson qui réuni tout le monde à n'importe qu'elle heure de la journée : le DOLO. Boisson tiède qu'on prend dans une calebasse. Pas très fort, pas extra, mais ça fait du bien par ou sa passe. Du reste, ça reste une boisson très conviviale (3 jours de préparations quand même) ou toutes les générations se retrouvent pour échanger sur tout et n'importe quoi ... j'ai beaucoup appris la bas ... Malheureusement, on ne peut pas la conserver ... mais là n'est pas le but. Petit coup de coeur pour le Bissap, boisson très sucrée sans alcool, aux fleurs d'oseille ... un délice !
Le marché, c'es un peu tout et n'importe quoi ... les étalages se montent les uns sur les autres, on y trouve des babioles, des objets d'art, des vêtements & de la nourriture ... qui n'inspire pas toujours confiance ... mais c'est vraiment immense ... il y a tellement à voir, mais c'est impossible de tout faire & il est aussi difficile de faire son choix ... en effet, pourquoi prendre chez un, alors que 30 autres personnes proposent le même produit ?
Ici, tout a l'air de tourner rond ... Que tout le monde mène sa barque paisiblement et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ... même mes rêves sont plus heureux que d'habitudes .... Pourtant, aux détours des rencontres, dans le quartier où je suis comme ailleurs, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne ... François, Mike, Val, & bien d'autres qui ont fait des études se retrouvent avec un travail plus ou moins bon .. alors que Benjamin, Amina, ma "cantinière", So, Jeanne & Edith, etc ... avec plus ou moins de réussite, tentent de tracer leur route dans cette ruche qu'est Ouaga ... avec sa propre histoire, plus ou moins rose. Mais tous on se même rêve : La France ! Ou n'importe quel pays occidental, tant que c'est loin de l'enfer africain ... pourtant ...
Prisa & Priscilla ... je ne pouvais pas ne pas en parler .... Deux petites jumelles avec qui j'ai partagé ma première semaine. Très discrètes & craintives à mon arrivée. Elles se tenaient le plus éloigné de moi, tout en me dévisageant de leurs grands yeux noirs & blancs ! Elles m'épiaient à tout moment de la journée, comme si j'étais un bête venue d'ailleurs ... à la douche, à la sieste, au repas, etc ... Heureusement, le fait de bien m'entendre avec Estere m'a aidé à être accepté. En 3 jours je gagnais leur confiance ... je leur appris quelques jeux simples & elles m'apprirent les leurs ... je leur partageaient ma vie & elles me montraient leur quotidien ... vraiment, les enfants sont de grands pédagogues ... Priscilla étant plus autonome, c'est Prisca qui s'attacha à moi ... Elle ne pouvait plus se détacher de moi, & je devenais son protecteur contre ceux qui « l'embêtaient » ... sa mère, sa soeur, son oncle ... & même le curé !!! Toujours collé à moi, je devenais presque sa poupée ... elle me coiffait, montait sur mes genoux, touché ma peau si bizarrement blanche, ma barbe aussi l'impressionnait. Toujours à me prendre la main comme pour se rassurer ... & partager son assiette devenait même une obligation ! Les derniers jours parmi eux étaient heureux. Mais quelle peine de les quitter. Bien que je sais que je les reverrai avant mon départ, le fait d'avoir appris qu'elles étaient en larmes à mon départ, m'a bien attristé ... & je regrette énormément de ne les avoir pas salué ...
Mes dernières journées à Ouaga risquant de ne pas être palpitantes, j'attendrai donc d'être à Koudougou pour reprendre le fil de mes pensées ... faire de nouvelles rencontres, croiser de nouveaux destins, tels Ay, Dima, Mariam & tant d'autres ...
A bientôt ... l'Afrique est vraiment riche d'histoire ... si, si ...